La rose et le réséda, le paradoxe et l’alternative

Nous sommes nombreux, dans le mystérieux reliquat d’adhérents du parti socialiste, qui n’étions pas nés en 1971. C’est pour beaucoup dans la perplexité ou même la gêne que nous inspire parfois son fonctionnement, mais pour plus encore dans cet entêtement que nous mettons à vouloir en relever l’héritage. Il y a une liberté de fait dans notre allégeance. Un droit et même un devoir de créativité consubstantiels au respect pour l’histoire du parti qui bien sûr nous anime. Si plus que jamais le problème auquel prétendait répondre sa création est d’actualité, nous avons le choix des termes dans lesquels nous voulons le formuler.

De la volonté d’unir l’héritage marxiste de la lutte contre le capitalisme à une culture gestionnaire nouvelle, pragmatique, européenne et soucieuse de la continuité de l’Etat, est né un jeu de rôle articulé autour de deux figures dominantes : l’arbitre en pureté doctrinale et le traître utile, sinon indispensable. On put accéder au pouvoir et l’exercer grâce à deux accords tacites. Le premier autour de l’opportunité de phases de silence sur les points de friction entre l’héritage et l’ambition. Le second, plus florentin encore, autour de la possibilité pour tel ou tel de se poser alternativement en gardien du temple ou en pragmatique, selon que l’heure était à se refaire une virginité partisane ou à se construire une crédibilité électorale. Les deux fonds purent payer leur écot au progrès effectif des conditions de vie des Français. Il arriva parfois, à travers certaines figures ou certaines réformes, que le voisinage de notre héritage et de notre ambition n’apparut pas comme une ambiguîté paralysante mais comme une dialectique féconde.

On ne sait trop si le PS est en effet mourant aujourd’hui. Par nature, ceux qui rédigent des nécrologies à l’avance n’ont-ils pas l’ambition d’être les premiers à les sortir ? A l’évidence pourtant, il découle à l’heure actuelle du paradoxe dans lequel il est né bien plus d’impasses que de ressources d’adaptation.

Au jeu électoral d’abord. Parce que le candidat de la gauche de gouvernement est contraint à un double discours d’une nature spécifique : il s’adresse aux espoirs et aux méfiances de l’ensemble des citoyens, et simultanément à ceux du parti. De sorte qu’il proclame haut ce qu’il fera avec prudence (mise au pas de la finance), ce qu’il ne pourra pas faire (75%) ou même ce qu’il rechigne à faire (coup de pouce au SMIC). Il tait ou dit du bout des lèvres ce qu’il fera vraiment.

Ce n’est pas que ce qu’il fait soit honteux, dans l’absolu ni même en doctrine socialiste. Libérer des ressources, publiques ou privées, bloquées dans des pans obsolètes de l’économie ou dans la préservation de statuts qui ne sont pas moins inégalitaires pour avoir été autrefois octroyés ou conquis n’est pas honteux. Et c’est un mensonge que de prétendre que le pouvoir socialiste ne crée pas ou fragilise les filets de sécurité qui doivent border une telle entreprise de réorientation.

Communiquerait-on, et même habilement, au sujet de ces mesures qui semblent n’être jamais entrées dans le champ de vision des Français et d’une large partie des militants que cela n’y changerait pas grand-chose. Il est naturel de soupçonner de l’inavouable là où il y a du non-dit. Là où il a fallu concéder trop de contorsions stratégiques, le premier écueil autorisera le retour en force d’une morale binaire. Voilà qu’il n’est plus question que de fidélité ou de trahison. Les promesses socialistes n’engagent pas ceux qui y ont cru seulement, mais uniquement le salaud qui les a faites. Dans ce cadre que tout le monde sait réducteur mais que la tentation est si forte de réactiver quand même, il semble de plus en plus improbable de mettre en œuvre un débat plus complexe entre préservation et destruction créatrice. De faire admettre aussi que si nous sommes engagés, c’est à l’égard de l’avenir, surtout voire seulement.

Quant à nous adpater aux évolutions du monde… A l’évidence, on ne parvient pas à enrayer le phénomène singulier par lequel les débats au PS se conduisent de plus en plus à front renversé. Le conservatisme combat sous les couleurs de l’avant-garde. Un renoncement, une impuissance ou un échec sont toujours, pour qui veut bien voir, une audacieuse percée dans la modernité.

Comment ne serait-on pas perplexe ou même gêné quand on entend dire que la théorie des insiders et des outsiders est une chanson écrite par l’ordolibéralisme ? Comment ne le serait-on pas aussi quand après avoir fait mine de tancer un patronat peu prompt à assumer sa part du pacte de responsabilité, le premier ministre déséquilibre un projet de loi entier en imposant d’y introduire la satisfaction unilatérale d’une de ses revendications ?

Si préserver n’est plus qu’être fidèle à un passé mythique ou opportunément redécoupé selon les contours des intérêts bien entendus où l’on s’est taillé des clientèles, si détruire devient en soi le pivot d’une prétendue morale de l’action et d’un modernisme strictement idéologique, ce dont il n’est tout simplement plus question, c’est de créer quelque chose de nouveau.

Seule cette perspective ouverte sur une alternative, sur le coup d’après, pourtant, permet de discriminer ce qui doit être préservé et ce qui doit être détruit, donne sens au choix de s’être situé dans cette dialectique et précaire et féconde dès la naissance du parti socialiste, et d’avoir voulu répondre à des colères noires dans des costumes gris.

Qu’y a-t-il de plus absurde que de prétendre qu’il n’y a pas d’alternative, quand on adhère au parti de l’alternative ? Un parti réformiste de gauche qui ne serait qu’un parti disponible pour l’alternance ou sa prolongation économiserait beaucoup d’énergie dépensée à faire semblant en devenant directement un parti de droite.

Qu’y a-t-il de plus absurde que de prétendre qu’il n’y a pas d’alternative quand le cri partout monte que l’actuel n’est plus possible ? Qu’y aurait-il de plus absurde de la part du parti socialiste que de lui opposer une fin de non recevoir ? Que ce soit en s’accommodant de la perte du pouvoir, dans l’hypothèse très improbable qu’elle aurait la vertu au moins de permettre de reconstituer notre orthodoxie. Ou en refusant de reconsidérer la hiérarchie des demandes légitimes mais apparemment contradictoires qui s’adressent à nous.

Force est de constater que le rêve du fou et de la catastrophe a gagné en France comme partout ailleurs ou presque un inquiétant prestige. Nombreux sont les signes pourtant que cet obscur désir ne se formule probablement qu’en substitution à une demande toute simple à laquelle on refuse pourtant d’accéder : un avenir probable, une toute petite langue de terre qui offre autre chose vers quoi se projeter que les plus hautes promesses du plus haut ciel, les terreurs de l’abîme ou l’agitation immobile d’un navire qui attend le vent.

L’Europe, plus que jamais, est cette langue de terre. Les Allemands ne sont pas moins fondés à en vouloir une que nous ne le sommes à en désirer une autre. Au moins est-ce une Europe, qu’ils souhaitent. Tandis que dans les angles morts du débat stérile entre une austérité qui n’a jamais vraiment existé en France et un plan B qu’on attend toujours de voir, ce sont les forces centrifuges qui l’emportent pour l’heure… sous le nom de plan B, ironie de l’histoire. Or, il n’y a aucune honte à s’être engagé dans la voie de la responsabilité budgétaire. Et les efforts pour réorienter l’Europe ne furent pas aussi timides qu’on le prétend au début du quinquennat. Mais il faut redonner plus de vigueur à cette seconde démarche, aujourd’hui que nous semblons nous aussi nous replier sur des enjeux nationaux, alors que les efforts de Matteo Renzi, le plan Juncker, la politique de la BCE et les choix historiques d’Angela Merkel (garder la Grèce dans l’union et ouvrir les frontières de l’Allemagne) ouvrent des perspectives infiniment plus favorables qu’elles ne l’étaient en 2012.

Les réfugiés ne sont pas moins notre langue de terre que nous ne sommes la leur. Avant d’être le premier marché ou la première puissance économique mondiale, l’Europe est la plus belle entreprise jamais conçue pour regarder en face les horreurs du passé, les dangers et les opportunités de l’avenir. Si elle n’est plus cela, elle n’existe pas. Quoi de commun avec l’idée qu’on pourrait ériger des murs au Nord-Ouest d’un chaos géopolitique sans précédent ? La France doit prendre sa part dans l’accueil des réfugiés. C’est-à-dire sa part des responsabilités des pays riches et stables face à la misère et au chaos, et des responsabilités de l’Europe face à l’histoire, passée et en cours. Mais aussi des opportunités qu’offrent des populations jeunes, formées ou qui ne demandent qu’à l’être, éprises aussi d’une démocratie dont nous sommes devenus si tristement blasés.

La démocratie est cette langue de terre. Elle est la matrice de toutes nos richesses. Aussi maladroite, embryonnaire ou même opportuniste qu’elle ait pu être alors, il faudra relancer la réflexion entamée en 2007 autour de la démocratie participative. Les lois NOTRE et MAPTAM ne sont pas des lois technos ou des pattes blanches budgétaires. Ou plutôt, il ne tient qu’à nous de décider si elles le deviendront. Tant mieux si les régions prennent un poids nouveau dans la politique de l’emploi. Tant mieux surtout si au bénéfice d’un peu de mouvement , on déboulonne des fiefs et on donne l’occasion aux territoires de s’ouvrir sur l’avenir et sur l’extérieur. Il faut que les citoyens s’en saisissent et qu’on leur en donne les moyens : en faisant élire au suffrage direct les exécutifs communautaires, en les rendant responsables devant les assemblées, en leur adjoignant les outils d’une réelle participation, en élargissant le droit de vote, peut-être, aussi.

Car la jeunesse, bien sûr, est notre langue de terre. Curieuse, agile, insatisfaite et juste ce qu’il faut malapprise. Il faut que la France reporte l’âge légal des « pourquoi » intempestifs de 6 à 77 ans. Qu’elle s’avise enfin que l’heure n’est plus à la préservation des contours des disciplines ou des disciplines elles-mêmes, mais à l’accompagnement d’une circulation exigeante mais libre à travers les champs du savoir. Qu’elle cesse enfin de croire que la tache principale qui incombe au système scolaire consiste à dire où tel ou tel doit s’arrêter, alors que son rôle est de pousser chacun jusqu’à des possibilités qu’il n’avait même pas envisagées. Qu’elle donne à tous et le plus vite possible les moyens d’une autonomie suffisante pour partir à l’aventure géographique, sociale et humaine. Qu’elle valorise enfin la capacité à construire un ordre des choses différent, fût-ce en commençant par développer la capacité à refuser de se soumettre à un ordre imbécile. Il n’y a pas si longtemps encore, j’aurais revendiqué ces possibilités pour moi-même. C’est avec encore plus de conviction que je les appelle de mes vœux, aujourd’hui que c’est aux dépens de mes premières ossifications intellectuelles que la jeunesse s’en saisira.

La modernisation de notre économie, enfin, est notre langue de terre. Pas pour fabriquer du PIB, comme un athlète au front bas fabriquerait du mollet. De cela, un jour, il ne sera même plus question. Mais en attendant, deux chrysalides se craquellent dans d’inquiétantes convulsions. Celles par lesquelles la Chine naît, peut-être, à une véritable économie de marché. Celles dans lesquelles nous essayons de passer d’un modèle économique de seconde révolution industrielle à un modèle économique de troisième révolution industrielle. Ce n’est pas l’accouchement bisounours que nous promettait le bon docteur Rifkin, qui croyait peut-être plus à la main invisible du marché qu’il ne voudrait bien l’admettre. Plus que jamais il faudra un Etat non moins stratège et souple qu’exigeant. Pour aider à la montée en charge des ressources financières, pour accompagner leur réallocation, pour veiller à la sécurité et la moralité de leur circulation. Pour dévérouiller les résistances et redistribuer les rentes. Pour garantir enfin que la création des richesses bénéficie à tous, et notamment aux forçats modernes qui apportent et la force de travail et le capital et ne reçoivent pas plus à titre particulier qu’ils ne contribuent à la prospérité générale.

L’alternative

Qu’il il y ait une opposition de gauche au gouvernement, c’est non seulement permis, évidemment, mais de bonne guerre et utile sinon nécessaire.

J’ai bien le droit de me dire « loyal ». On a bien celui de me trouver « suiviste ». Pourquoi pas un peu « moutonnier » ? Si je peux objecter que j’aimerais bien, moi aussi, que la grande réforme fiscale ait lieu, que les étrangers votent aux élections locales et qu’on avance sur les accords de branches liés au pacte de responsabilité, je ne vais pas m’ouvrir de mes états d’âme et me plaindre que c’est vraiment trop injuste lorsqu’on me donne du « social-traître ». D’abord, j’ai l’habitude. En plus, j’aime bien ça. Et ceux qui gouvernent comme ceux qui les soutiennent savent que c’est le jeu. Et enfin, si il n’y avait que ceux qu’une position un peu contrainte n’autorise qu’à émettre des réserves, on avancerait probablement moins qu’en y ajoutant ceux qui ont conservé suffisamment d’extériorité pour adresser des mises en garde, voire opposer des fins de non recevoir.

Pour être nécessaire, on n’en a cependant pas moins des responsabilités.

C’est le moment de le rappeler, semble-t-il, alors que le vote pour les motions du congrès du PS vient d’avoir lieu et que se repose la question, ancienne pour moi mais peut-être plus récente pour d’autres : Jean-Luc Mélenchon est-il toujours parmi nous ?

Sans trop me prononcer sur ce qu’il faut entendre par « parmi nous » (de gauche ? de fréquentation possible ou à tout le moins fructueuse ? de ce monde ?), je crois qu’il faut acter que l’euroscepticisme de gauche n’a jusqu’ici jamais abouti sur autre chose que sur du nationalisme parfois pas très ouvert et quand même assez souvent carrément étroit. Quelque énergie qu’il ait mis à se distinguer de son homologue de droite.

Si la voie alternative est dans l’Europe, il faut l’assumer. Si elle est hors de l’Europe, il faut le dire. Mais, de grâce, il ne faut plus prétendre participer du parfum d’ouverture à l’autre et à la modernité politique et économique qui s’attache à l’adhésion au projet européen tout en disant, en suggérant, ou en copinant avec des gens qui disent ou suggèrent que les institutions européennes sont le cheval de Troie du parti de l’étranger ou l’instrument des menées souterraines de nos propres technocrates apatrides.

J’ai été à la fois surpris est pas tant que ça, lors de la présentation des motions à laquelle j’ai assisté, par un changement de pied survenu à 45 minutes d’intervalle.  Le représentant de la motion B a ainsi affirmé dans un premier temps que ses signataires s’inscrivaient, bien sûr, et d’ailleurs c’était inscrit dans le programme présidentiel, dans le cadre du retour à 3 % de déficit public. Et puis, répondant à une deuxième série de questions de la salle, il a raconté la fameuse histoire selon laquelle les 3 % ont été inventés sans fondement intellectuel sur un coin de table par un « technocrate, français d’ailleurs ».

Ce n’est pas un discours « mauvais ». C’est un discours facile. Ce n’est pas goût de la facilité. C’est le résultat d’une trop grande ambivalence dans la ligne alternative à gauche, à l’intérieur est à l’extérieur du parti, par laquelle elle se rend poreuse à des expédients oratoires qui ne nous rendent pas plus efficaces qu’il ne la satisfont elle-même, moralement et intellectuellement.

Soit on est dans les 3 % et on l’assume. Soit on est en dehors et on le dit. Mais, par pitié, on n’essaye pas, à défaut de savoir quelle voie on veut vraiment suivre, de récupérer un peu de l’aura du gestionnaire courageux qui serre les budgets au milieu des récriminations universelles, et un peu de celle de l’aspirant indocile qui glisse en confidence qu’il ne s’en laisse pas conter.

Et puis enfin, si on estime avec le gouvernement, se fût-on rangé à cet avis après coup, que l’une des voies du redressement économique passait bien par la restauration des marges des entreprises, qu’on le dise aussi, clairement. Car ce qui me frappe dans les propositions de la gauche du parti concernant le CICE et le pacte de responsabilité, c’est le fait qu’elle raisonne dans le même périmètre tout en n’assumant pas clairement qu’elle partage la même analyse économique.

Dire comme je l’ai entendu : 

« On a déjà restitué 25 milliards aux entreprises. Soit. » 

et pas 

« On a déjà restitué 25 milliards aux entreprises parce qu’on a jugé qu’un volet « politique de l’offre » était nécessaire »

qui ne sent que c’est adhérer au fond à la politique du gouvernement, mais songer surtout à se ménager une porte de sortie pour relancer la rhétorique commode du « social libéralisme » qui fait des « cadeaux aux patrons », dans laquelle il a un peu trop suffi de donner pour se sentir de gauche ces trois dernières années ? Que c’est sous-jouer l’opposition pendant la phase de congrès et être peut-être déjà prêt à la surjouer de nouveau à l’intention des observateurs extérieurs ? Que c’est surtout, et il est temps de le voir, ne pas contribuer à construire le rapport de force qui permettra de formuler ensemble efficacement la deuxième partie du propos, sur lequel mon accord de principe ne fait aucun problème : « les 15 milliards restants seront soumis à la signature d’accords de branches garantissant que la reprise se traduise non seulement par la création mais aussi par l’utilisation efficace et la juste répartition de richesse nouvelles »  ?

Je le suis toujours

Je suis toujours hollandiste.

Un peu parce que c’est une évidence que je ne le devrais pas. Or j’ai toujours eu bien de la peine à m’incliner devant les vérités comminatoires, surtout lorsqu’elles sont à ce point partagées d’un bout à l’autre du spectre des opinions politiques, qu’elles reposent sur une telle certitude de se tenir au cœur du vrai, du beau et du bien qu’elles débouchent aisément sur l’insulte. Tout cela est bruyant, violent, parfaitement étranger à un effort de pensée. À l’opposé en somme de l’idée que je me fais de la politique.

Je suis toujours hollandiste malgré une déception bien sûr.
Mais ce n’est pas « l’affaire Leonarda », parce que la loi s’applique et que je ne pense pas que l’ultime horizon de celui qui accède aux responsabilités soit de ne pas les exercer.
Et ce n’est pas l’ANI parce que oui – à condition de protéger, former et représenter d’avantage ceux qui les occupaient – il va falloir faciliter la réorientation de l’investissement par la destruction d’emplois improductifs et gourmands en subvention au profit d’emplois créateurs de richesse durable.
Et ce n’est pas le CICE parce qu’il crée des emplois. Ni la politique d’emplois d’avenir parce qu’elle a fini par prendre: à preuve, on n’en parle plus.
Et ce ne sont pas le budget européen, ni la loi bancaire parce qu’il s’y trouve des avancées et que je n’oublie pas surtout que la France n’est pas seule. Et tant mieux. Et les Allemands n’ont pas moins le droit que nous de prétendre à ce qu’il soit tenu compte de leur vote.
Et ce ne sont pas enfin la loi de décentralisation et la réforme des rythmes scolaires parce qu’il y a les maladresses et les erreurs, mais aussi les inerties, et qu’on sait bien qu’il n’y a pas plus rétif à la réforme que les progressistes bon teint qui rêvent toujours de nouveau, pourvu qu’il soit en tout point semblable à l’ancien et conforme à leurs intérêts.
C’est la politique fiscale bien sûr, mais même là…

Je suis toujours hollandiste parce que l’évidence selon laquelle je ne le devrais pas masque commodément trois inconséquences. Celle du consumérisme démocratique. Celle des belles âmes radicales. Et celle du parti socialiste.

J’entends par consumérisme démocratique cette mauvaise foi mâtinée de politique du pire qui consiste à se faire croire que la démocratie peut perdurer lorsqu’une portion toujours croissante des citoyens fait profession de se placer en-dehors d’elle. En somme: j’ai pris sur moi pour aller au bureau de vote un dimanche alors qu’il restait du gigot; maintenant je regarde et j’ai bien le droit de dire que je trouve ça nul. Derrière l’aspiration de loin en loin exprimée à une démocratie participative ou à tout le moins mandataire, qui ne voit que le rêve profond est celui d’une monarchie élective avec deux jours de vote, trois mois de patience dubitative et quatre ans et demi de jeu de massacre. Montesquieu disait que la démocratie est de tous les systèmes politiques le plus gourmand en carburant parce qu’elle suppose de tous les citoyens l’exercice de leur vertu, c’est-à-dire non seulement de leurs qualités morales – nous y reviendrons – mais aussi de leur détermination devant l’action. Nous n’allons aujourd’hui voter – quand nous allons voter – que pour nous délester de toute espèce de responsabilité. L’anti-hollandisme servant entre autres d’alibi à cette paresse qui ruine la démocratie, je ne donnerai pas dedans.

J’entends par inconséquence des belles âmes radicales cette certitude de détenir au plus profond de soi la vérité de la gauche et d’avoir été investi de la mission sacrée de la préserver de toute corruption… quitte à ne jamais la voir advenir. D’avoir le droit de juger aussi de qui est de gauche et de qui ne l’est pas, en prononçant bien sur les excommunications qui s’imposent. Pour ce qui me concerne, le verdict est de longtemps connu et accepté, et avec joie encore, de sorte qu’il ne me coûte pas tant que ça d’avouer que je suis encore hollandiste: je suis le social-traitre. Mais au moins, je suis de ce monde. Et dans ce monde, force m’est de constater que la gauche est partout sur les talons; que la droite – comme pensée et comme programme, mais surtout comme imaginaire et comme culture – avance partout. Que la raison en est entre autre que l’affirmation d’être de gauche devient de plus en plus péremptoire à mesure que son contenu devient nébuleux. Que ce n’est parfois plus qu’un synonyme d’être du côté des gentils. Et que donc cette posture moralisatrice et ostracisante n’a cessé de nous rendre plus faibles. J’ai la conviction que la gauche de demain est de l’autre côté du doute et de l’action, dans tout ce qu’elle peut avoir de décevant et d’imparfait. Que l’évaporation de la gauche n’est pas le fait de ce qu’on appelle ses compromissions – sans songer qu’elles sont parfois drôlement conformes à ses valeurs originelles: efficacité économique, respect rigoureux de la loi…- mais de sa revendication bruyante en dehors de toute détermination positive de contenus.

J’entends enfin par inconséquence du parti socialiste cette manière de se partager les places dans un avenir qui s’étiole au lieu de chercher à le construire. Trop de primaires ont tourné à la foire à ceux qui en rêvent en se rasant le matin. Trop nombreux sont les ministres qui confessent en off leur mépris pour François Hollande. Trop nombreux aussi tous ceux qui élus ou désignés grâce à lui s’abritent derrière tout ce qu’ils trouvent pour se juger fondés à le lâcher en rase campagne pour le cas où l’une de leurs prébendes, présente ou à venir, serait sur le point de leur échapper. Le parti socialiste continue de suivre une pente qui le conduit progressivement vers un conglomérat de notables locaux sans vision collective ni espérance nationale. J’y suis, au parti socialiste, et j’y resterai. Mais il faut que ça change. Et en tout cas, que l’on ne compte pas sur moi pour débiner l’un des seuls qui ait su rompre avec la logique de guerre des fan-clubs, où les luttes de pouvoir sont d’autant plus âpres qu’il y en a de moins en moins à partager et qu’on n’a plus la moindre idée de toute façon de ce que l’on en ferait si on l’avait.

Alors oui, je suis toujours hollandiste, malgré l’absence de cette réforme fiscale dont nous avons tant besoin. Parce que certes elle s’explique probablement un peu – ou beaucoup – par une ruineuse fidélité à cette idée selon laquelle une politique fiscale consiste essentiellement à maintenir le système dans un degré d’opacité optimal permettant de plumer l’oie à moindre cris(2). Parce que très certainement aussi elle s’explique par un manque de fermeté face aux rentes de situation qui sévissent à Bercy. Mais parce que je me demande bien comment, mes trois inconséquences décrites, François Hollande aurait trouvé le point d’appui nécessaire pour rompre avec ces mauvaises habitudes et secouer ces inerties. Que l’enjeu ait été de préserver le repos dominical, de maintenir l’essence de la gauche dans une commode indétermination ou de préserver les chances d’être calife à la place du calife à la prochaine, bon nombre de ceux qui ont voté à gauche à la dernière présidentielle et qui sont désormais du côté des 75 % de mécontents ont contribué à la construction de ce climat neo-poujadiste où le gouvernement est embourbé.

Je n’irai pas pour ma part faire passer mon manque de courage, de travail et de sens de l’intérêt général pour les siens. Et voilà pourquoi je suis encore hollandiste: parce qu’il est de ma responsabilité aussi de faire en sorte que la simplification de l’impôt soit le vecteur d’un renforcement de la justice sociale, de l’efficacité économique et du pacte républicain. Et tant d’autres choses encore. En le secouant, en vous secouant, en me secouant. Et en m’interdisant la facilité de me trouver du bon côté des panels, à confire dans une de ces évidences qui anesthésient la pensée et le sens des responsabilités.

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(1) Paragraphe librement inspiré d’un texte d’Hegel, dans la Phénoménologie de l’esprit

La belle âme vit dans l’angoisse de souiller la splendeur de son intériorité par l’action et l’être-là, et pour préserver la pureté de son coeur elle fuit le contact de l’effectivité et persiste dans l’impuissance entêtée, impuissance à renoncer à son Soi affiné jusqu’au suprême degré d’abstraction, à se donner la substantialité, à former sa pensée en être et à se confier à la différence absolue. L’objet creux qu’elle crée pour soi-même la remplit donc maintenant de la conscience du vide. Son opération est aspiration nostalgique qui ne fait que se perdre en devenant objet sans essence, et au-delà de cette perte retombant vers soi-même se trouve seulement comme perdue; dans cette pureté transparente de ses moments elle devient une malheureuse belle âme, comme on la nomme, sa lumière s’éteint peu à peu en elle-même, et elle s’évanouit comme une vapeur sans forme qui se dissout dans l’air.

Ainsi que du Monstre doux de Raffaele Simone

(2) Voir un récent article de Camille Landais dans Le Monde, et Pour une révolution fiscale de manière générale.

Convivialité au Sénat: communistes, centristes et élus de l’UMP se retrouvent autour d’un pigeon.

Pour la troisième fois, si je compte bien, les communistes du Sénat viennent de s’allier avec les centristes et l’UMP pour rejeter tout ou partie d’une proposition de loi du gouvernement. La première fois, c’était pour le budget. La deuxième, pour la progressivité des tarifs de l’énergie. Avant-hier pour l’intégration des plus-values sur les cessions d’entreprises aux revenus soumis au barème normal de l’impôt sur le revenu .

Je peux comprendre le rejet du budget: on est dans la lutte autour de la « règle d’or », des déficits, de l’austérité. Le groupe communiste joue sa partition de façon cohérente.

Je saisis mal en revanche ce qui motive le rejet d’une loi prévoyant que les premiers kilowatts/heure coûtent moins cher que les suivants, réduisant la facture énergétique des ménages les plus modestes et encourageant les attitudes de consommation écologiquement responsables. Et je ne comprends pas l’opposition à l’alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail. Par laquelle les sénateurs communistes deviennent les alliés objectifs des pigeons.

Je serai d’autant plus heureux d’avoir une explication que dans plusieurs tracts qui me reviennent entre les mains, le Front de gauche dénonce la casse du pouvoir d’achat et les cadeaux faits au grand patronat par l’actuel gouvernement.

Il me revient enfin, à l’heure où l’on ne parvient pas à se mettre d’accord sur la ventilation d’un budget européen dont le montant est dérisoire en regard de la richesse cumulée des Etats membres (1% à peu près), qu’on a laissé passer en 2000 une fameuse occasion de l’abonder de façon plus sérieuse. Qu’en effet, en ce temps-là, le projet d’une taxe Tobin sur les flux monétaires et financiers avait été soumis au vote du Parlement européen et que parmi les six voix qui manquaient pour qu’il soit adopté figuraient celles des travaillistes anglais que Blair avait appelés pendant la nuit, et celles de Lutte Ouvrière et de la LCR. Tout ce petit monde s’étant joint pour l’occasion à la droite et à l’extrême droite, arguant qu’on n’était pas là pour réformer le capitalisme mais pour le détruire.

C’était hier de milliards et c’est aujourd’hui de 250 millions de revenus supplémentaires pour les finances publiques qu’on risque de se priver. Tout en pourfendant l’austérité des sociaux-libéraux. Qui n’ont plus que quelques jours avant de devenir des sociaux-traîtres. Au nom de logiques boiteuses où j’ai bien du mal à ne pas voir l’électoralisme crasse derrière les proclamations bruyantes de radicalité.

Si c’est un rom

(Article publié pour la première fois en juin 2012)

On n’a jamais trop bien compris d’où elle sortait. Yeux étroits. Peau mate. Nez un peu cassé. Très étrange. Plus encore si l’on compare ses quatre enfants, et celle qui hérite ses traits, notamment, avec ceux qui ont beaucoup plus de leur père.

Elle raconte d’ailleurs que petite, à l’école, elle n’était pas très en odeur de sainteté.

A table, un jour, ma grand-mère évoque le mariage d’un lointain aïeul avec une égyptienne.

 

Il a fallu bien des connexions synaptiques avant que je ne réassigne notre houri d’arrière-arrière-arrière-grand-mère à sa roulote natale. Egyptienne? Tu parles! Gypsy, tu veux dire. Tzigane. Romano. Voleuse de poules. Et dire qu’il fut question d’appeler une des nôtres Esmeralda: le père Hugo justement la fait appeler l’Egyptienne par un de ses personnages.

 

J’allais dire: et voilà, je suis un rom.

C’est idiot.

C’est peut-être une disposition personnelle peu marquée au lyrisme des origines.

C’est plus sûrement que le type à qui manquaient les deux mains il y a trois heures dans le métro et les enfants sales à la peau grenue qui poireautent à l’entrée de la bouche de métro Laumière se prêtent mal à l’exotisme revendicatif.

C’est enfin que je ne suis pas eux. Je me suis, on m’a, protégé de leur misère par un mouvement de désidentification extrêmement profond. Mes mécanismes de défense psychologique, mon fond de saloperie personnel et un dessein politique presque explicite se sont rencontrés. Je ne suis pas ces gens et ces gens ne sont pas moi. Nous y perdons les uns et les autres une part importante de notre humanité. Alors que vais-je aller chanter que je suis un rom, si ce mot veut bien dire « homme »?

 

Et puis, un beau matin, on n’a plus parlé que d’étrangers

(Article publié pour la première fois le 1er mai 2012)

Nous sommes sur le reculoir, les amis. Nous sommes sur le reculoir.

Je vois des petits potes qui observent l’érosion des sondages avec le bulletin blanc à la main, qui sortiront le « François » si l’écart se resserre trop, disent-ils. Sauf que, si l’écart se resserre, c’est que l’autre est « en dynamique », comme l’était d’ailleurs Marine Le Pen à la veille du premier tour, selon les termes toujours choisis de Brice Teinturier. Et alors, tout devient possible!

Et quand bien même nous gagnerions, nous ne voulons pas d’une victoire de résistance mais d’une victoire de conquête.

Car sur quoi reculons-nous?

Le petit Nicolas a su nous faire basculer un beau matin dans une grande hallucination collective: le problème de la France, c’est l’immigration, c’est les étrangers. Du chômage, plus question. De l’école, plus question. De la santé, en a-t-il jamais été question? De croissance, de fiscalité, de redistribution des richesses… plus question. Ou tout au prisme de la nouvelle sarkose. Pas si nouvelle que ça, je vous l’accorde.

Ca a bien sûr quelque chose de tétanisant, pour nous, le racisme. Ca nous met dans tous nos états. Et puis il y a ceci que nous ne savons pas bien, les scores du Front National aidant et l’effet tâche d’huile de la semaine écoulée leur donnant une résonance de cathédrale gothique, ce que pensent les gens autour de nous. Plus que nous ne croyions en tout cas semblent considérer que le problème c’est les autres. Et chacun sait ce que c’est que de vieillir de dix ans en parlant dix minutes avec un raciste.

Ce n’est vrai pourtant que lorsqu’on est sur le reculoir. Et il n’y a AUCUNE raison de l’être.

Dominique Tian, de la droite populaire, avait voulu démontrer dans le cadre d’un rapport parlementaire que les étrangers fraudaient la Sécu et nous coûtaient trop cher. Il n’est parvenu qu’à montrer que les déséquilibres de nos comptes sociaux étaient pour l’essentiel le fait de fraudes aux cotisations sociales venant des entreprises. Il ne s’en est pas vanté. C’est à relire ici:

D’autres députés n’ont pas reçu l’appui d’un cadre parlementaire pour travailler sur la question de l’immigration, en sollicitant des universitaires. Il s’agit par exemple de Sandrine Mazetier (PS), Martine Billard (FdG) et et ET Etienne Pinte ( U! – M! – P!). Ils ont rendu un rapport.

On y apprend, pêle-mêle

que sans les travailleurs étrangers (les étrangers, pas ceux qui ont l’air différents), les comptes sociaux seraient infiniment plus déséquilibrés qu’ils ne le sont

que sans eux, il faudrait dégager non plus 3% mais 5% du PIB pour financer notre régime de Sécurité sociale

que les migrants subsahariens ont en moyenne un niveau de formation plus élevé que les habitants de France métropolitaine

que le taux d’emploi des étrangers entre 30 et 49 ans est sensiblement identique à celui des Français du même âge

que les immigrés créent très majoritairement leur propre emploi et ne le volent à personne

… et tant d’autres choses encore que vous lirez ici:

Après quoi vous prendrez votre bâton de pélerin, vos bottes de sept lieues et de 55%.

Au cas où vous auriez droit à: « Mais je les vois bien, moi. Ils ont toutes les aides sociales. Ils vivent comme des princes. Ils battent leurs femmes… », rétorquez donc que vous les voyez aussi.

A cinq ou six heures du matin, quand vous rentrez de soirée, largement majoritaires dans les RER et les métros qui conduisent les sous-payés au boulot.

Systématiquement sortir en catimini de la cuisine des restaurants parisiens qui les emploient au noir … et Dieu sait quels chantages leur infligent des gus qui étaient peut-être au Trocadéro il y a deux heures pour célébrer le vrai travail!

Habillés de la même façon de novembre à mars, parce que tout le monde n’a pas les moyens des vêtements de demi-saison.

Et qui disent merci à tout. A rien. A ceux qui les insultent aussi bien qu’à ceux qui ne savent pas les défendre.

Désolé, hein. Mais faut pas toucher à mes élèves.

Quatre sonnets pour pas s’louper

( Article publié pour la première fois le 30 avril 2012)

 

I

 

Ce n’est pas Médiapart, ni Saïf al Islam (1),

Ni la vulgarité de Copé, Morano,

Les UV de Luca, la taille de leurs panneaux

Montés à la lueur d’une sinistre flamme;

 

Ce n’est pas le chômage, ni les propos infâmes,

Ni la défection de Ghosn ou de Pinault,

Ni une convocation devant les tribunaux

Qui dénoueront demain de ces cinq ans le drame.

 

Ne t’en remets qu’à toi du destin du pays:

IFOP ni BVA ne l’ont jamais écrit.

Qu’à ta main du sourire retrouvé de Marianne.

 

Qu’à ta voix du départ de ceux qui la musellent.

Qu’au bulletin « François » pour que la France soit belle,

Un pays de possibles à défaut de Cocagne.

 

 II

 

Quant à toi, mon ami, ne prête avec usure

Que ce dont tu disposes. Et préfère la rose

Aux savantes mais hasardeuses conjectures.

Ne garde en ton esprit que cette simple chose:

 

Qu’aux petits ont été infiniment moins dures

Les cinq années passées, sur nos querelles écloses,

Que les cinq à venir, s’il fallait d’aventure

Que tu n’apportes pas ton suffrage à la rose.

 

Oui. Qui a faim a droit. Les loyers sont trop chers.

Et trop rares à Roubaix les vacances à la mer.

Le kilowatt/heure lourd aux bourses efflanquées,

 

La police partout, la justice nulle part,

Les yeux bien trop rivés sur les peaux un peu noires.

Mais les gens à la rose ne sont pas des planqués.

 

III

 

Toi aussi, je te parle, et pose à cet effet

Le couteau que tu crois que j’ai entre les dents.

Notre querelle est juste: les cinquante % (2)

D’impôts, chacun les paie, tout comme tu le fais.

 

Eux c’est la TVA, toi c’est l’IRPP (3),

Et moi un peu les deux. Je ne me plains pourtant

Qu’à demi car je sais que c’est pour nos enfants,

Nos parents, la santé. Tu peux le vérifier (4).

 

Les riches, me dis-tu, partiront dès lundi.

Les pauvres te réponds-je seraient partis aussi,

Si la réalité pesait d’un poids moins lourd

 

Et s’ils n’avaient surtout ces idées improbables

De n’être plus tenus pour coupables toujours,

Plus seulement imposés, mais un jour imposables.

 

 

IV

 

C’est à toi que je parle, enfin, si loin, si proche.

Admets que tu fais tout pour qu’il soit difficile

De savoir qui tu es et quels sont tes mobiles.

Je suis surpris souvent de te trouver si proche

 

Par la couleur, les goûts, le peu d’argent de poche

Que tu peux te permettre de donner à tes fils,

De ceux dont tu voudrais qu’un cordon de police

Protège ton travail, tes filles et tes poches.

 

Je suis triste surtout que tu sois l’étranger

Au milieu de ces gens qui n’ont jamais changé

Quoi que Marine prétende et que Sarkozy ose.

 

Va donc à un meeting. Es-tu bien de ce monde?

De ces têtes chenues et de ces brosses blondes?

S’il t’apparaît que non, viens rejoindre la rose.

 

 

(1): Saïf Al Islam est le prénom du fils Khadafi qui a affirmé le premier que de l’argent avait été donné par le régime lybien pour la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007

(2): J’espère que vous m’accorderez d’être le premier au monde à tenter cette rime

(3): Impôt sur le revenu (des personnes physiques)

(4): http://www.soixanteminutes.com/2012/04/strictement-factuel-delicieuement.html