Convivialité au Sénat: communistes, centristes et élus de l’UMP se retrouvent autour d’un pigeon.

Pour la troisième fois, si je compte bien, les communistes du Sénat viennent de s’allier avec les centristes et l’UMP pour rejeter tout ou partie d’une proposition de loi du gouvernement. La première fois, c’était pour le budget. La deuxième, pour la progressivité des tarifs de l’énergie. Avant-hier pour l’intégration des plus-values sur les cessions d’entreprises aux revenus soumis au barème normal de l’impôt sur le revenu .

Je peux comprendre le rejet du budget: on est dans la lutte autour de la « règle d’or », des déficits, de l’austérité. Le groupe communiste joue sa partition de façon cohérente.

Je saisis mal en revanche ce qui motive le rejet d’une loi prévoyant que les premiers kilowatts/heure coûtent moins cher que les suivants, réduisant la facture énergétique des ménages les plus modestes et encourageant les attitudes de consommation écologiquement responsables. Et je ne comprends pas l’opposition à l’alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail. Par laquelle les sénateurs communistes deviennent les alliés objectifs des pigeons.

Je serai d’autant plus heureux d’avoir une explication que dans plusieurs tracts qui me reviennent entre les mains, le Front de gauche dénonce la casse du pouvoir d’achat et les cadeaux faits au grand patronat par l’actuel gouvernement.

Il me revient enfin, à l’heure où l’on ne parvient pas à se mettre d’accord sur la ventilation d’un budget européen dont le montant est dérisoire en regard de la richesse cumulée des Etats membres (1% à peu près), qu’on a laissé passer en 2000 une fameuse occasion de l’abonder de façon plus sérieuse. Qu’en effet, en ce temps-là, le projet d’une taxe Tobin sur les flux monétaires et financiers avait été soumis au vote du Parlement européen et que parmi les six voix qui manquaient pour qu’il soit adopté figuraient celles des travaillistes anglais que Blair avait appelés pendant la nuit, et celles de Lutte Ouvrière et de la LCR. Tout ce petit monde s’étant joint pour l’occasion à la droite et à l’extrême droite, arguant qu’on n’était pas là pour réformer le capitalisme mais pour le détruire.

C’était hier de milliards et c’est aujourd’hui de 250 millions de revenus supplémentaires pour les finances publiques qu’on risque de se priver. Tout en pourfendant l’austérité des sociaux-libéraux. Qui n’ont plus que quelques jours avant de devenir des sociaux-traîtres. Au nom de logiques boiteuses où j’ai bien du mal à ne pas voir l’électoralisme crasse derrière les proclamations bruyantes de radicalité.

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