Nous sommes si jeunes que nous ne pouvons pas attendre.

Etant le fils du Maire d’une petite commune rurale, j’ai pu constater que l’exercice d’un mandat exécutif local s’accompagne parfois de l’invention de ses propres formes démocratiques.

Chez moi, à défaut de pouvoir poser la question de confiance au Parlement, on laissait la clef sur la voiture, la porte dévérouillée, parfois grande ouverte. Si elle avait été volée, ç’aurait été l’équivalent d’un vote de défiance. Vu la voiture, d’ailleurs, il fallait nécessairement que la malveillance suppléât l’appât du gain. Mode de scrutin un peu bizarre, mais plutôt représentatif, donc.

La voiture ne fut jamais volée. Avec le recul cependant, je m’avise qu’il y eut un vote de défiance, une fois: un tag, qui représentait le visage d’un rockeur à banane fumant un clope, accompagné de l’inscription « Nous sommes si jeunes que nous ne pouvons pas attendre. »

Encore faut-il préciser que le tag était d’un noir très sobre, occupait une surface minuscule sur le montant d’un appui de fenêtre, de telle sorte qu’il était entièrement invisible lorsque les volets étaient ouverts.

Jeune, c’est sûr. Impatient, peut-être. Mais putainement poli, l’auteur du tag.

Au lendemain de la remise du rapport Jospin au Président de la République, et à la veille des « consultations institutionnelles et politiques » qui précèderont l’entrée dans la phase législative, je voulais juste dire à tous les petits potes de gauche comme de droite qui seraient tentés, par un avis négatif ou par leur vote dans l’une des deux assemblées, de bloquer le processus d’ouverture démocratique qu’il initie et de s’opposer notamment à l’application stricte du principe de non-cumul des mandats que

– les jeunes d’hier ne sont plus si jeunes qu’ils puissent attendre encore un peu

– les jeunes d’aujourd’hui ont déjà des stratégies rhétoriques un peu plus directes

– les jeunes de demain, j’espère, seront du genre à faire toute la façade, à retirer les volets et, évidemment, à prendre la voiture dans la foulée, s’ils ont quelque chose à dire et qu’ils se sentent privés de la possibilité de le faire.

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Contrôle parental

(Article publié pour la première fois le 7 septembre 2011)

Comme cela a déjà été proposé à plusieurs reprises, il n’y a pas grande audace à en reparler ici. Un peu de consensuel et de main stream, donc. Write every single day is not a simple job.

Je suis tout à fait pour qu’on interdise aux vieux d’aller sur internet, du moins s’ils ne sont pas accompagnés de leurs enfants. Ils gobent tout. Ils perdent progressivement leurs repères. Ca leur bouffe le sommeil. Ils deviennent de plus en plus agressifs. Je parle même pas du niveau de Français.

 J’en connais un que ça n’a pas gêné de répercuter à trois mois d’intervalle l’information selon laquelle le mari de Martine Aubry s’appelait Cohen (« Euh, et alors…? » / « Ben… ha! ha! ha! »), puis celle selon laquelle c’était l’avocat des « barbus ». A la même époque, il nous incitait à suivre le conseil d’un internaute: remplir son caddie au rayon charcuterie, puis aller en redispatcher le contenu dans les présentoirs halal.

Contrôle parental, donc. D’autant plus nécessaire qu’il ne vous aura pas échappé qu’à la différence de votre petite cousine de 9 ans ou de votre fils de 15 ans, qui croient qu’Amy Winehouse n’est pas morte ou a été tuée par la CIA, votre papa, votre tata et mon tonton, eux, ils ont le droit de vote!

Et puis, c’est pour leur bien.