C’est tout de même un peu facile.

Quand bien même on admettrait que l’actuel gouvernement crève de la lutte des ego, nage dans l’amateurisme ou la naïveté, est dépourvu de colonne vertébrale, pactise avec les puissants et recule tous azimuts (ce que je ne ferais personnellement pas au-delà de la deuxième proposition), on peut se demander s’il n’est pas un peu facile d’excuser la cinglante défaite socialiste aux municipales par de telles considérations.

Non seulement donc, le parti socialiste serait un parti d’élus et de collaborateurs d’élus (pour ne pas dire de notables ventripotents et de jeunes loups affamés), mais encore ces derniers seraient en droit d’exiger d’un gouvernement socialiste qu’il mène une politique dont la principale ligne de mire serait leur réélection à eux, avec le moins d’effort possible. Manquerait plus n’est-ce pas que l’on soit comptable de la politique qu’on a soi-même menée, des bidouilles sordides auxquelles on s’est livré pour devenir calife à la place du calife, de l’image désastreuse que l’on a ce faisant donné de son parti. Manquerait plus qu’on ait des responsabilités! Et pourquoi pas, tant qu’on y est, celle d’expliquer sur le terrain la politique menée par le gouvernement ? Ou même d’élaborer un vrai programme avec des idées dedans? Voire de travailler à unir les forces compatibles en présence quitte à ne pas avoir sur la liste la place dont on avait rêvé depuis qu’on était tout petit? Non mais oh… !

Au-dessus des miroirs, ces tristes conseillers face auxquels tant de candidats et candidates se sont apparemment convaincus de leur élection divine au point d’en oublier la démocratique, il faudrait désormais mettre cette phrase que Le Monde prête à un électeur de Hénin-Beaumont au moment de l’annonce des résultats: « C’est votre faute les politiques. Vous n’avez pas respecté les gens ».

Mr Dalongeville serait-il toujours de la partie si cela avait été le cas? Et Mr Guerini serait-il encore en position de faiseur de rois dans cette ville que l’on croyait conquérir? Aurait-on vu un candidat déclaré à la présidence de la future grande métropole parisienne organiser les candidatures du parti socialiste en fonction de cet objectif plutôt que de celui de la victoire des forces de progrès? Y aurait-il eu tant de primaires contournées, bidouillées, dévoyées? Aurait-on par exemple démenti le verdict de l’une d’entre elles en lâchant quelques jours avant le premier tour le candidat légitimement désigné, au profit de celui qui avait été éliminé?

Non, bien sûr, ce n’est pas tout le temps, et ce n’est pas de notre fait seulement. Et tout le monde ne se cherche pas des excuses du côté du gouvernement au lieu de s’examiner des responsabilités, loin de là. Mais c’est souvent, trop souvent, comme ces programmes qui ressemblent à des gloubiboulga d’éléments de langage, façon chansons en yaourt où surnageraient de temps à autres un mot compréhensible.
Et je parle pas des vidéos de campagne, parce que je suis déjà un peu trop énervé.

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