Chose vue

(Article publié pour la première fois le 14 avril 2012)

Je suis sur le trottoir d’en face. Je comprends que c’est un autocollant. Mais lequel ? Le feu passe au vert. Mon premier pari, c’est Marine.

Quand j’arrive à la hauteur de l’homme, les extrémités des laisses sont à ses coudes, les chiens s’arc-boutent pour atteindre le trottoir. Il résiste de tout son poids pour proclamer sur la paroi de la cabine, sans gondolement ni bulle d’air, son soutien à

François Hollande 2012

Le changement, c’est maintenant

Lorsque je raconte cette histoire, une amie et collègue du Front de Gauche souligne la portée symbolique que revêt à ses yeux le tiraillement entre la gauche et la droite, l’avant et l’arrière. Je suis assez surpris que le sens de la chose vue, de l’interprétation des menus faits quotidiens, fasse à ce point défaut dans un mouvement dont le chef de file est un lecteur assidu de Victor Hugo.

Je vois un type dont l’acte militant semble à ce point spontané que c’en est presque un acte de pure expression. Je vois un geste qui laisse entendre que le triple mouvement de polarisation sociale du vote, de dépolitisation globale de la société française, de dépolitisation spécifique aux quartiers populaires n’a rien de nécessaire.

Que la campagne de gauche – parce qu’on n’est pas bégueules, nous autres – a peut-être été suffisamment bonne pour commencer d’inverser ces tendances. Qu’en aidant très fort le ciel, peut-être, la configuration ne sera peut-être déjà plus la même dans cinq ans. Mais en aidant le ciel, hein, pas en se fritant.

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