Strictement factuel, délicieusement éducatif

La série de 3 posts dont le titre commence par « Strictement factuel… » répondra en somme à cette question d’une mienne amie:

« Ben justement, qu’est-ce qu’il en fait François des 400 euros (qu’il ne met pas, bêtement, dans une augmentation du SMIG), c’est ça l’enjeu… »

Je  respecterai deux règles

– je ne dirai pas: il existe un programme en soixante points depuis deux mois, et des développements de ce programme sont régulièrement proposés (1). J’ai suffisamment critiqué la phrase « Il a pas d’programme » dans un vieux post pour ne pas commencer à pérorer ici « Eh ben moi, au moins, mon candidat, il a un programme ».

– peu voire pas de style; pas de parasite rhétorique. Que les choses paraissent aussi nues que le langage le permet. Je m’en expliquerai peut-être davantage, après.

 

Lors d’une réunion publique animée pour l’essentiel par Bruno Julliard ont été éclaircis et soulevés quelques points essentiels du projet éducatif de François Hollande.Je signale que j’ai loupé l’exposé initial et qu’il ne s’agit là que de l’essentiel des réponses aux questions diverses.

Rentrée 2012: 

Le projet d’évaluation des enseignants par les chefs d’établissement sera abandonné. 

L’enseignement de l’histoire-géographie en Terminale S sera rétabli. Je ne saurais cependant dire si ce sera en vue de la rentrée 2013, ou s’il sera possible de ré-enseigner l’histoire-géo en TS dès la rentrée prochaine. Je souligne la remarque de Bruno Julliard qui m’a paru juste et révélatrice d’un certain état d’esprit (d’autant qu’elle était faite avec un sourire avenant): on peut regretter que les groupes et associations qui se sont engagés en faveur de l’histoire-géo en TS se soient moins manifestés lorsqu’il s’agissait d’enlever des enseignements généraux en lycée pro.

Il sera adopté un collectif budgétaire en vue de parer au plus pressé pour la rentrée 2012. Mais pour l’essentiel, elle est déjà organisée, et toutes les mesures quantitatives déterminantes ont été prises et ont déjà produit leurs effets. Si bien que les recteurs, pour l’essentiel nommés par la droite, annoncent pourtant déjà qu’il n’y aura pas un enseignant devant chaque classe. Le problème est par ailleurs que le nombre de candidats aux concours a à ce point baissé qu’on ne sait pas où on irait puiser des effectifs supplémentaires. Les établissements sont déjà « au taquet » pour ce qui concerne les heures supplémentaires…

On peut donc toujours débloquer de l’argent, il restera difficile de trouver des solutions à tous les problèmes qui se poseront. Il ne faudra pas pour autant perdre de vue les principes fondamentaux de la politique éducative à mener pendant cinq ans. Et pour cette raison et malgré l’énorme tension sur les moyens, le gouvernement fera en sorte que soit garantie une décharge horaire pour les stagiaires.

Formation initiale des enseignants:

Elle sera rétablie.

Elle assurera la formation avant concours et la formation des stagiaires.

Elle se fera à l’intérieur des Universités au sein desquelles les « écoles » qui l’assumeront garderont une grande liberté: budget, recrutement, recherche.

Car ce sont ces écoles qui auront en charge la production et la diffusion de la recherche pédagogique, quasiment disparue en France. Un bon objectif, en lui redonnant vie et en la développant plus qu’elle ne l’était auparavant, serait de parvenir à surmonter l’opposition bien de chez nous entre pédagos et anti-pédagos.

Des stages seront proposés dès avant le concours: il s’agit d’éviter que des agrégés ou des certifiés excellents au point de vue académique découvrent qu’ils n’ont tout simplement aucun goût à l’enseignement.

60 000 postes:

Ils seront créés, en plus du remplacement de tous les départs à la retraite.

Sans qu’aucun des choix ci-dessous évoqués ne soit définitif, quelques pistes de ventilation:

– 5000 postes affectés d’entrée au premier cycle des Universités

– 15 000 seraient créés pour restaurer la formation initiale

10 000 concerneraient des postes de non-enseignants: CPE, médecins scolaires, assistantes sociales..

– 30 000 seraient donc des postes d’enseignants pour le secondaire et le primaire, prioritairement affectés aux ZEP, aux zones rurales et aux DOM-TOM.

Les recrutements pour les 40 000 derniers postes ne seront pas linéaires sur le quinquennat. Les difficultés actuelles de recrutement laissent supposer une hausse des recrutements en fin de période.

Education prioritaire:

Il est envisagé de négocier avec les syndicats une réduction du volume horaire devant élève des enseignants en ZEP en échange d’une stabilisation sur les postes, l’objectif étant de garantir une certaine durée aux équipes. Autrement dit, moins d’heures de cours et plus d’heures de concertation et de récupération, en échange d’un renoncement au mouvement pour des périodes à déterminer (il a été dit deux à trois ans… ça me paraît peu).

Mixité scolaire, mixité sociale:

Le premier moyen est le rétablissement de la sectorisation. Cela ne suffira pas cependant.

Il est envisagé de réduire les crédits aux établissements n’admettant pas dans leurs murs un certain nombre d’élèves en difficulté scolaire, cette dernière étant souvent liée, comme on le sait, à des difficultés sociales.

Tous les établissements seront donc soumis à des objectifs de mixité scolaire.

(1) J’en signale d’ailleurs deux. Le premier sur ce blog portant sur la politique de logement:

Le second sur le site de campagne de François Hollande, sur les questions de santé:

Le candidat publie par ailleurs aujourd’hui une feuille de route pour la première année de mandat.

 

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