Le management est un poison.

(Publié pour la première fois le 28 avril 2012)

Je ne connais la souffrance au travail que depuis cette année, à vrai dire.

Je suis devenu plus attentif aux discussions du RER ou du métro: « J’allais lui dire… », « Je vais lui dire… », « Ca va péter… », « T’aurais dû lui dire… ». En somme, ça ne peut pas durer, mais apprenons à l’endurer.

Le management est un poison pour la démocratie, plus encore que l’abstention.

C’est l’ensemble des techniques par lesquelles les imbéciles parviennent à se faire obéir. C’est le système par lequel le monde de la valeur déserte le monde réel. Par lequel l’autorité se dissocie de tout principe de légitimité. C’est une école de résignation et de soumission.

Ceux qui auraient le qualités humaines et de sagesse pour être chefs les épuisent à accepter de ne l’être pas. On sait qu’on a tout intérêt à nommer ceux qui en sont dépourvus: ils n’auront pas de scrupules à employer la violence pour asseoir leur autorité. De toute façon, ils n’auront pas d’autre choix. Ils n’en seront que plus soumis à celui qui les a nommés.

Ce genre de stratégies prend une signification politique quand les suicides se multiplient chez France Télécom, bien sûr. Quand des armées de mercenaires et/ou d’incompétents coulent les institutions de la République, aussi. Mais surtout quand ils accèdent aux plus hautes fonctions, gouvernementales, ou même présidentielles.

 En démocratie, il ne peut pas y avoir de logiques manageuriales. A partir de maintenant, dans le RER, apprenons à désobéir.

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