L’ascenseur est en panne?

( Article publié pour la première fois le 28/03/2012)

Un membre d’une équipe de direction d’un établissement scolaire (hi! hi!) regrettait récemment que tous les élèves n’aient pas pu profiter de l’intervention de l’association X. L’association X, en effet, fait un travail re-mar-qua-ble dans nos quartiers. Elle est composée de (ptits) jeunes des cités qui ont réussi et qui prouvent aux élèves qu’ils pourraient eux aussi le faire, sans emprunter la voie royale. Les jeunes les écoutent: ils jouent un peu un rôle de grands frères, ce sont leurs pairs (P-A-I-R), leur discours semble plus proche que celui des enseignants ou des membres des équipes de direction.

Autrement dit, les membres de l’association X sont venus, sans l’ombre d’un doute avec les meilleures intentions du monde, expliquer que

1. quand on est des jeunes gens de cité, on a a priori vocation à échouer

2. sauf à emprunter des chemins de traverse

3. raison pour laquelle il vaut mieux rester entre soi, parce que les profs et les personnels de direction, qui ont eux des parcours lisses et viennent tous de province ou de Paris intramuros, ne sont pas vraiment de bons interlocuteurs, ou même nous foutent dedans.

Avec l’aval, donc, d’une direction d’établissement. Sous l’oeil enamouré de fonctionnaires de l’Education Nationale.

Il y a quelques années, un dénommé Aziz Senni a écrit un livre qui s’intitulait L’ascenseur social est en panne… j’ai pris l’escalier. Il a bien contribué à nous foutre dedans, lui, participant au grand’oeuvre de création des poncifs qui saturent la télé, les cinémas, les discussions salonardes … et donc désormais la politique d’orientation: logique du vedettariat transposée dans tous les domaines, mythologie du grand frère à carnet d’adresse, irréalisme du système scolaire et de ses représentants, pas de salut hors de la communauté d’expérience réelle ou supposée…

L’ascenseur est en panne? On le répare ensemble! Et le premier que je chope dans l’escalier, je lui colle une tarte.

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