Envoyé spécial

( Cet article a été publié pour la première fois le 11 mars 2012)

Après attaches auprès d’amis qui ont la télé, il semble que la polémique sur le Halal soit née en grande partie dans un sujet d’Envoyé spécial.

Ca m’étonne un peu. Je veux dire: c’est étonnant et inquiétant qu’une idée puisse partir du service public et arriver au Front National, non?

Mais ça ne m’étonne qu’à moitié. Je me souviens que quand j’étais petit et que l’émission est née, j’avais l’impression que ce serait là que j’étancherais ma soif de savoir et de comprendre. Et puis je trouvais le générique fabuleux. Finalement, je n’eus d’abord pas le droit de regarder aussi souvent que je voulais. Et puis je n’eus pas le temps. Et puis j’abandonnai la télé.

Mais toutes le fois qu’il m’est arrivé de tomber sur Envoyé Spécial, j’ai eu comme qui dirait un problème. Une fois, ce fut tribune libre à Francis Perrin pour vanter des méthodes de prise en charge de l’autisme dont il avait personnellement fait le choix pour son fils. Si j’omets qu’un amie psychomotricienne en était sortie folle de rage, je continue à me demander si un choix et une opinion individuels peuvent rencontrer l’appui des moyens techniques et de la légitimité intellectuelle d’une émission de service public.

Et puis, les deux ou trois autres fois, bizarrement, je ne suis tombé que sur des reportages sur les conditions sanitaires dans la restauration. Encore la problématique était-elle en réalité plus restreinte: dans la restauration asiatique. Je vais dire les choses tout rond: ces reportages étaient racistes. Et je me demandais si le racisme anti-asiatique n’offrirait pas quelque répit bientôt à tous ceux que la réaction éreintait grâce au tour de passe-passe qui avait dissimulé l’islamophobie sous la défense de la laïcité. Apparemment, non.

Alors il faudra peut-être faire en sorte dans les années qui viennent que l’information retrouve, sur le service public au moins, la rigueur et l’objectivité souhaitables.

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