Hé, les pigeons! Tout le monde dit I love you!

Ah! Salsifi! Sac à pourri! Peuple de France!

Déjà, aux temps où tes ancêtres pouilleux assaillaient les châteaux des seigneurs, la culpabilité souvent les faisait attendre la maréchaussée et le juste châtiment qu’ils savaient mériter pour tant d’ingratitude. Peu s’en fallut que tu ne perdes, ces jours-ci, la reconnaissance du ventre, l’instinct de la main qui nourrit, le respect de tes maîtres, l’amour craintif de tes patrons.

Tu n’es pas assez puni de ta honte. Mais qu’elle te dissuade au moins à l’avenir de demander des comptes, d’inviter à l’effort, d’essayer d’attirer l’attention sur tes misères sordides. Que t’est-il passé par la tête que tu les aies osé comparer avec le mâle courage de ceux que l’on contraint à l’exil?

Tu as la subsistance. Lorsqu’elle te fait défaut, ne t’en prends qu’à toi-même. A quels titres pourrais-tu espérer davantage? Le patron, lui, n’attend pas seulement ton travail mais aussi ton amour. Parce que c’est un être plus délicat que tu ne le seras jamais. Parce qu’ainsi il s’assure que tu n’iras pas t’aventurer dans des questions d’opportunité économique où tu t’égarerais forcément. Parce qu’il t’est plus facile de payer tes propres impôts sous la pression d’un chantage affectif que dans la conscience lucide de la répartition des efforts fiscaux.

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